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La compétence discursive

C’est celle qui permet à l’utilisateur/apprenant d’ordonner les phrases en séquences afin de produire des ensembles cohérents.
Elle recouvre
• la connaissance de l’organisation des phrases et de leurs composantes
• la capacité à les maîtriser en termes
– de thème/rhème
– d’information donnée/information nouvelle
– d’enchaînement « naturel » (par exemple, temporel : Il est tombé (et) je l’ai frappé. – Je l’ai frappé (et) il est tombé.)
– de cause/conséquence (par exemple, Les prix montent ; les gens réclament une augmentation de salaire.)
• la capacité de gérer et de structurer le discours en termes
– d’organisation thématique
– de cohérence et de cohésion
– d’organisation logique
– de style et de registre
– d’efficacité rhétorique
– de principe coopératif (maximes conversationnelles de Grice, 1975)
« faites en sorte que votre contribution corresponde à ce qui est exigé, au niveau où elle a lieu, par la finalité ou le sens acceptés
de l’échange conversationnel dans lequel vous êtes engagé(s), en observant les principes suivants :
– la qualité (essayez de rendre votre contribution véridique) ;
– la quantité (rendez votre contribution aussi informative que possible mais pas plus) ;
– la pertinence (ne dites que ce qui est approprié) ;
– la modalité (soyez bref et précis ; évitez l’obscurité et l’ambiguïté). »
La dérogation à ces critères en vue d’une communication directe et efficace ne devrait se faire que dans un but précis et non
par incapacité à les respecter.
• la capacité à structurer ; le plan du texte
C’est la connaissance des conventions organisationnelles des textes dans une communauté donnée, par exemple :
– comment est structurée l’information pour réaliser les différentes macro-fonctions (description, narration, argumentation,
etc.)
– comment sont racontées les histoires, les anecdotes, les plaisanteries, etc.
– comment est construite une argumentation (dans un débat, une cour de justice, etc.)
– comment les textes écrits (essais, lettres officielles, etc.) sont mis en page, en paragraphes, etc.
Une grande partie de l’enseignement de la langue maternelle est consacrée à l’acquisition des capacités discursives. Dans
l’apprentissage d’une langue étrangère, il est probable que l’apprenant commencera par de brefs énoncés d’une phrase seulement
en général. Aux niveaux supérieurs, le développement de la compétence discursive dont les composantes sont inventoriées
dans cette section devient de plus en plus important.

SOUPLESSE
C2 Montre une grande souplesse dans la reformulation d’idées en les présentant sous des formes linguistiques variées pour
accentuer l’importance, marquer une différence selon la situation ou l’interlocuteur, ou lever une ambiguïté.
C1 Comme B2 +
B2 Peut adapter ce qu’il/elle dit et la façon de le dire à la situation et au destinataire et adapter le niveau d’expression
formelle convenant aux circonstances.
Peut s’adapter aux changements de sujet, de style et de ton rencontrés normalement dans une conversation.
Peut varier la formulation de ce qu’il/elle souhaite dire.
B1 Peut adapter son expression pour faire face à des situations moins courantes, voire difficiles.
Peut exploiter avec souplesse une gamme étendue de langue simple afin d’exprimer l’essentiel de ce qu’il/elle veut dire.
A2 Peut adapter à des circonstances particulières des expressions simples bien préparées et mémorisées au moyen d’une
substitution lexicale limitée.
Peut développer des expressions apprises par la simple recombinaison de leurs éléments.
A1 Pas de descripteur disponible.


TOURS DE PAROLE
C2 Comme C1
C1 Peut choisir une expression convenable dans un ensemble disponible de fonctions discursives pour introduire son discours en
attirant l’attention de l’audience ou pour gagner du temps et garder l’attention de l’audition pendant qu’il/elle réfléchit.
B2 Peut intervenir dans une discussion de manière adéquate en utilisant la langue qui convient.
Peut lancer, poursuivre et clore un discours convenablement en respectant efficacement les tours de parole.
Peut lancer un discours, intervenir à son tour au bon moment et terminer la conversation quand il le faut bien que
maladroitement quelquefois.
Peut utiliser des expressions toutes faites (par exemple « C’est une question difficile ») pour gagner du temps et garder la
parole pendant qu’il/elle réfléchit à ce qu’il/elle va dire.
B1 Peut intervenir dans une discussion sur un sujet familier en utilisant l’expression qui convient pour attirer l’attention.
Peut lancer, poursuivre et clore une conversation simple en face à face sur des sujets familiers ou personnels.
A2 Peut utiliser des techniques simples pour lancer, poursuivre et clore une brève conversation.
Peut commencer, poursuivre et clore une conversation simple en face à face.
Peut attirer l’attention.
A1 Pas de descripteur disponible.



DÉVELOPPEMENT THÉMATIQUE
C2 Comme C1
C1 Peut faire des descriptions et des récits compliqués, avec des thèmes secondaires et certains plus développés et arriver à
une conclusion adéquate.
B2 Peut faire une description ou un récit clair en développant et argumentant les points importants à l’aide de détails et
d’exemples significatifs.
B1 Peut avec une relative aisance raconter ou décrire quelque chose de simple et de linéaire.
A2 Peut raconter une histoire ou décrire quelque chose avec une simple liste de points successifs.
A1 Pas de descripteur disponible.


COHÉRENCE ET COHÉSION
C2 Peut créer un texte cohérent et cohésif en utilisant de manière complète et appropriée les structures organisationnelles
adéquates et une grande variété d’articulateurs.
C1 Peut produire un texte clair, fluide et bien structuré, démontrant un usage contrôlé de moyens linguistiques de
structuration et d’articulation.
B2 Peut utiliser avec efficacité une grande variété de mots de liaison pour marquer clairement les relations entre les idées.
Peut utiliser un nombre limité d’articulateurs pour relier ses énoncés bien qu’il puisse y avoir quelques « sauts » dans une
longue intervention.
B1 Peut relier une série d’éléments courts, simples et distincts en un discours qui s’enchaîne.
A2 Peut utiliser les articulations les plus fréquentes pour relier des énoncés afin de raconter une histoire ou décrire quelque
chose sous forme d’une simple liste de points.
Peut relier des groupes de mots avec des connecteurs simples tels que « et », « mais » et « parce que ».
A1 Peut relier des groupes de mots avec des connecteurs élémentaires tels que « et » ou « alors ».